⚔ Karine X Justine : l’interview croisée ⚔

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Qui de mieux placé que des membres de MakeSense pour raconter MakeSense ? Karine et Justine sont ce qu’on appelle des gangsters, c’est-à-dire des membres actifs de MakeSense qui organisent des évènements pour mobiliser la communauté sur des causes sociales et environnementales.

Elles n’ont pas le même parcours dans MakeSense. Karine était déjà là au début de l’aventure. Justine a rejoint le mouvement plus récemment.

C’est quoi MakeSense pour elles ? Qu’est-ce qui a animé leurs parcours ? Qu’est ce qui se passe dans la vie et la tête d’un membre de MakeSense ?

Pouvez-vous vous présenter et dire la chanson qui vous fait chanter en ce moment ? 🎶

Karine : Moi c’est Karine. Je viens de quitter mon job pour rejoindre MakeSense et me consacrer complètement (bénévolement pour l’instant) au lancement de la mobilisation Kicking Cancer, dont le but est de se battre autrement contre le cancer. En ce moment je vis à moitié à Paris, à moitié à Guéthary dans le Sud-Ouest, à côté de Biarritz. La chanson qui me donne envie de chanter c’est Juliette Armanet.

Justine : Je m’appelle Justine, je suis depuis peu responsable du développement commercial chez Kawaa, une start-up qui a été incubée par MakeSense. Je vis dans le 19ème, et je viens de Bretagne. Je suis allée voir sur Spotify pour retrouver ma musique du moment et il y a deux albums : le dernier album de Her qui s’appelle Her Tape #1. Et un vieil album qui s’appelle Cupide Deluxe, du groupe Blood Orange.

C’est quoi votre premier souvenir en relation avec MakeSense ? 💭

Karine : Mon premier souvenir, c’est Christian Vanizette (le co-fondateur de MakeSense) dans une auberge de jeunesse, à Delhi en Inde. C’était en 2009 lors de son tour en Asie qui a lancé l’aventure MakeSense. Il était avec son ami Romain, ils m’ont montré leurs vidéos et je me suis dit qu’il était fou, puis j’ai oublié tout ça.

Après mon premier “vrai” souvenir, c’est une pote d’école, Val, qui me tannait pour aller voir MakeSense : “Va chez MakeSense, va chez MakeSense! ” À un moment où j’essayais de découvrir d’un peu plus près l’entrepreneuriat social, j’ai fini par l’écouter.

Justine : J’étais un peu perdue dans ma vie professionnelle quand j’ai découvert MakeSense (en Novembre 2016). A l’époque je bossais dans la grande distribution, plus précisément dans les spiritueux. Je m’intéressais de loin à l’ESS, sans trop savoir ce que c’était. Une amie qui travaille chez Ashoka m’a donné LE conseil : “Va faire un hold-up chez MakeSense, tu vas voir, c’est cool !”. Je ne savais pas du tout ce qu’était un hold-up, mais bon je me suis dit que ç’avait l’air sympa, alors par curiosité…

Au final, le premier événement auquel j’ai assisté était une réunion pour le Forum contributif de la Ville (dans les locaux de MakeSense à Bastille). Je me suis retrouvée au milieu de gens qui semblaient maîtriser leur sujet. Je me sentais complètement perdue et à la marge, mais ça m’a quand même donné envie d’en savoir plus et de revenir.

Comment s’est passé l’organisation de votre premier hold-up ? 🤘

Justine : J’ai organisé mon premier hold-up dans le cadre du Forum Contributif de la Ville d’Ermont. Avec une autre (génialissime !) bénévole qui s’appelle Camille Roblin, nous devions animer un hold-up pour une start-up dans le Fair Wear, Hylla, dans la ville d’Ermont-Eaubonne, en banlieue parisienne.

C’était un peu le hold-up où on te jette dans le bain. Le « hold-up bizutage ». Ca s’est avéré génial car je me suis surprise, et même un peu révélée à moi-même. Et puis nous n’étions pas seules : il y avait Sami (l’ancien coordinateur des bénévoles sur Paris) qui nous accompagnait.

J’étais quand même bien flippée parce qu’il y avait du monde. Il y avait des gens qui venaient aussi pour voir ce qu’était un hold-up dans l’optique d’en animer un. Et n’en ayant jamais animé auparavant, je me mettais encore plus la pression. Au final je me suis éclatée, et j’ai tout de suite su que ça me plaisait.

Karine : J’ai adoré mon premier hold-up. C’était pour une ONG qui s’appelle Women’s Worldwide Web, W4, créé par une fille qui s’appelle Lindsey. Le but de cette ONG est de lever des fonds pour des projets entrepreneuriaux portés par des femmes dans des pays en développement principalement. On l’a organisé avec une certaine Daphné, qui est devenue une de mes meilleurs amies par la suite.

Et l’organisation de votre premier SenseCamp ? 🏕

Karine : En juin 2012 le premier SenseCamp de Paris je crois. On était une équipe avec Gaëlle, Caro, Marie Leborgne… et des mecs dont je ne me rappelle plus trop le nom. C’était une vraie aventure, on était tous jeunes mais on prenait de vraies responsabilités et ça nous affirmait beaucoup. Mais le jour J on s’est quand même déguisés avec des fringues discos.

Justine : Je n’en ai pas encore organisé, ni participé !

Quels super-pouvoirs avez-vous acquis grâce à MakeSense ?

Justine : Le premier super-pouvoir, c’est un truc qui paraît hyper banal mais c’était très puissant pour moi : c’est que j’étais capable d’agiter les neurones de 20 personnes dans une salle, que je n’allais pas mourir écrasée par les rires de toute une foule, que j’arrivais à les intéresser, à animer toute la salle, et surtout que tout le monde passe un bon moment.

Un autre super-pouvoir, c’est que j’ai réussi à contribuer au fait que les gens se surprennent eux-mêmes. C’est un des trucs qui m’a fait le plus kiffer d’ailleurs. J’ai découvert que j’arrivais même à faire cogiter en hold-up tout un groupe de retraités, ce qui n’est pas forcément évident car c’est un format d’animation qui peut être assez déroutant.

Un dernier super-pouvoir que j’ai acquis, c’est d’arriver à transformer quelque chose de « floutissime » en idée claire, en quelque chose de structuré et de joli.

Karine : C’est beau ! De mon côté, le premier super-pouvoir que j’ai développé, c’est de mieux me connaître. Parce que quand on te met face à tes responsabilités, tu apprends à connaître tes compétences et tes lacunes.

C’est un super pouvoir de MakeSense : ici comme les gens te font confiance, t’es obligée de te faire confiance aussi. Tu donnes tout pour ne pas les décevoir, que ce soit ceux qui travaillent chez MakeSense ou les bénévoles qui sont à fond avec toi et qui pensent naturellement que bien sûr, tout ce que t’as annoncé, tu vas le mettre en place.

Justine : C’est vraiment ça, on te met dans le bain tout de suite, on te balance dedans.

Karine : Ce n’est pas tant qu’on te balance, mais qu’on croit en toi d’emblée. On part du principe que tu vas apprendre et que même si tu ne fais pas très bien, c’est pas grave.

Justine : Du coup ça marche.

Karine : Et c’est assez fort. Il y aussi le super-pouvoir de ne pas juger les gens, de leur laisser une chance, d’avoir l’esprit ouvert sur ce que chacun est et peut apporter.

Le dernier super pouvoir, et, attention, je vais faire une blague nulle : kiffer en travaillant. Comme les sept nains.

“Kiffer en travaillant” — Illustration.

Quels super-pouvoirs avez-vous mobilisé pour MakeSense ?

Justine: Je dirais mes blagues. Parce que je fais des blagues vraiment très nulles. Je me suis rendu compte que plus tu as de l’assurance quand tu fais des blagues pourries, mieux ça passe. Bref, arriver à faire rire les gens.

Karine : J’avais aussi noté : “mes blagues nulles” !

Justine : Après, je dirais le super-pouvoir de partager. Et d’aider aussi. Même si je ne me sens parfois pas capable d’aider certains projets à la base parce que je n’y connais rien : même dans ces situations, j’essaie toujours de trouver le petit truc qui pourra aider.

Karine: Je travaille méthodiquement et rapidement sur les trucs chiants. Je suis autonome. J’ai développé une sorte d’obsession un peu bizarre sur le cancer et ça fait parler les gens de leur histoire personnelle avec cette maladie.

Un succès dont tu es fière ? 😎

Justine : Je suis fière d’avoir aidé plus de 10 projets en 10 mois. D’avoir accompagné des start-ups du SenseCube via le hold-up. D’avoir vu un projet sur la réinsertion professionnelle, que j’avais aidé à grandir avec un hold-up, se concrétiser et se lancer.

Karine : De lancer la mobilisation Kicking Cancer.

Quels conseils donneriez-vous à un gangster qui vient de rejoindre la communauté ? 🙏

Karine : Je lui conseillerais d’aller à tous les événement qui l’intéresse. On peut avoir des bonnes surprises. Dans le pire des cas, il y a toujours des chips et des bières.

C’est comme ça qu’on trouve sa place. Et parce que c’est toujours cool de rencontrer des gens cools.

Justine : De ne jamais hésiter à demander de l’aide, surtout quand au début tu ne connais pas l’ESS et MakeSense, ce qui peut être un peu effrayant. Et de se faire plaisir et s’éclater. Je dirais un peu comme chez MacDo : “Venez comme vous êtes” (Note de Justine : il y a plus ESS que ça c’est vrai ! Mais bon c’est l’idée).

Quelle chanson vous fait penser à MakeSense ? 🎶

Karine : A chaque fois qu’il y a du Céline Dion qui passe je vois Caro (global happy team leader de MakeSense ndlr) chanter à tue-tête.

Justine *riant* J’ai failli dire “J’irai où tu iras” ou “Sous le vent”. Du coup je vais dire “Anyone else but you” des Moldy Peaches. Ça rentre dans la tête et ça ne vous quitte pas, et c’est joyeusement frais.

A: Avez-vous un jour ressenti le besoin de prendre de la distance avec MakeSense, et, si oui, pourquoi? 🤔

Karine : J’étais gangster au tout début. Quand MakeSense a pris de l’ampleur je ne m’y retrouvais plus. Et quand je suis revenue, j’étais hyper surprise du chemin parcouru. Finalement, c’était reculer pour mieux y retourner.

Justine : Je suis encore dans ma phase lune de miel avec MakeSense. Mais pendant les vacances cet été, j’ai quand même eu très envie de couper, pour mieux me retrouver.

La première chose que vous vous êtes dite quand vous avez rencontré d’autres membres de MakeSense ? Et aujourd’hui quand vous les revoyez, qu’est ce que vous vous dites ? 👯

Justine : « Mais qui sont ces gens ? Mais genre, ils travaillent, la blague ! Qu’est-ce que c’est que ces hippies ? Sinon la première personne rencontrée, c’était Idris Lechaptois (génialissime x2), à la réunion d’information du Forum Contributif de la Ville.

Et quand je les revois, je veux leur dire merci pour leur bienveillance, leur écoute et bien sûr “C’est quand l’apéro ??”. Je veux aussi dire mille merci au SenseCube d’avoir incubé Kawaa. J’y ai rencontré mon job de rêve (= celui qui me correspond), et une équipe en or.

Karine : La toute première personne que j’ai rencontrée de MakeSense c’était Christian : il était bizarre et gentil. Quand je le revois aujourd’hui je me dis qu’il est gentil et bizarre, sauf que maintenant c’est mon ami.

Sinon le premier gangster que j’ai croisé sur ma route c’était Cyril Tassard, avec qui j’ai d’ailleurs un peu travaillé après. Ceux qui le connaissent savent que c’est le mec le plus sympa de la terre.

Aujourd’hui dans l’écosystème de “On veut changer le monde”, qu’est ce que MakeSense apporte de différent selon vous ? 💃

Karine : La différence entre MakeSense et d’autres organisations c’est que MakeSense est vraiment un connecteur. Ils ont assez d’expérience et de créativité pour créer des ponts entre des structures sans se mettre en concurrence directe avec elles.

En fait, les gens ne sont pas formatés et viennent de divers horizons. Et puis l’organisation ne demande pas aux gens de changer.

Justine : Il y a un grand professionnalisme pour des gens bénévoles qui ne sont pas considérés comme des « experts ». Ce sont des gens qui se remettent toujours en question pour s’améliorer. Après, il faut aussi que ça rentre dans les valeurs de MakeSense. Ça ne marche pas trop par exemple si tu bois du pétrole au petit dej.

Karine : Oui mais ça fait carburer les idées !

Si vous deviez changer une chose dans votre parcours dans MakeSense ?

Karine : En théorie je devrais dire d’être revenue plus tôt. Mais en fait je pense que chaque chose vient en son temps quand c’est le bon moment, donc rien.

Justine : J’aurais aimé découvrir MakeSense plus tôt ! J’aurais aimé plus profiter de la promo d’incubés SenseCube (de Janvier à Juin 2017). J’aurais bien aimé faire le SenseCamp de Berlin cet été.

💥💥💥💥💥💥💥💥Le TAC au TAC 💥💥💥💥💥💥💥💥

Un truc qui t’a énervé chez MakeSense ? 😒

Justine : Les gens qui se la pètent, il y en a quelques uns *rires*

Karine : Le bac à compost posé PILE LÀ où on cuisine.

Un truc qui t’a déçu ? 😟

Karine : Y’a toujours trop de meufs (tout le temps).

Justine : J’aimerais qu’il y ait moins d’entre-soi.

Un truc qui t’a surpris ? 😱

Justine : La force des valeurs, que les gens y aillent avec leurs tripes.

Karine : Le parcours accompli depuis le lancement de MakeSense.

Un truc qui t’a enchanté ? 😍

Karine : L’ intelligence cognitive et humaine des gens.

Justine : Le fait qu’il y ait une salle de sieste au SenseSpace.

Un truc qui t’a fait rire ? 🤣

Justine : C’est une personne. Tinou (un des premiers membres, en charge de la mobilisation Future of Waste). Ce mec est d’une improbabilité énorme.

Karine : Moi aussi c’est une personne. Ronan aka mon RORO (un des premiers gangsters de Londres, qui des années plus tard a décidé de rejoindre l’équipe de MakeSense STORiES à Paris)

Un truc qui tu aimerais bien changer ? 👉

Karine : J’aimerais qu’il y ait plus de mecs : parité respectée, travail mieux mené.

Justine : Plus de rencontres de gens inter-lieux ! Y’a pas que Paris dans la vie !

Un truc qui ne doit jamais changer ? 👈

Justine : La liberté d’esprit et d’agir. T’as envie de faire truc ? Fais-le !

Karine : La capacité à se remettre en question.

Un moment où tu t’es dépassé ?

Karine : Quand on a organisé la Journée Mondiale contre le Cancer en février et que j’avais encore mon boulot en parallèle. C’était un challenge fou.

Justine : Quand je me suis beaucoup investie chez MakeSense les premiers mois, notamment pour le Forum Contributif, alors que j’étais en train de quitter mon précédent boulot sur les rotules.

🤜🤜🤜🤜🤜🤜🤜🤜Le GIF FIGHT 🤛🤛🤛🤛🤛🤛🤛🤛

“The ballon maniac”, soon in your theater
“The crazy Banana movie” soon in your theater
“Plastic bottles are evil”, soon in your theaters !

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makesense est une communauté internationale de citoyens, d’entrepreneurs et d’organisations qui résolvent ensemble les défis sociaux et environnementaux

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