« FROM ZERO TO HERO »

L’aventure d’une fille du village

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Chapitre 1 : De Koussanar à Dakar

Koussanar, (un village à 45 km de Tambacounda, la plus grande région du Sénégal) m’a vu naître et a guidé mes premiers pas. J’y ai fait mes classes primaires sans électricité jusqu’à l’obtention de mon entrée en sixième. Et là, pour la première fois de ma vie, je suis appelée à quitter ma maison familiale pour rejoindre le collège en région. Une période que j’ai vécu difficilement du fait que suis très attachée à ma mère, à un point où je préférais rester avec elle plutôt que d’aller en vacances dans la capitale.

C’était un choc émotionnel indescriptible. Mais je crois que c’est en ce moment que ma Vie à Changé.

J’étais appelé à être plus forte, plus responsable et plus autonome alors que je n’avais que 12 ans.

Au début je passais tout mon temps à pleurer et faire la grève de la faim (Hahahaa qui ne durait pas quand même) et malgré la découverte de cette nouvelle ville qui pourrait me plaire, j’étais attristée. Par conséquent mes notes ont chuté au premier semestre sans doute dû à ce bouleversement. Mais je me suis rattrapée en second semestre où j’étais première de ma classe. J’ai donc retrouvé la confiance et j’avais le moral au top en plus c’était les vacances. Je rentre chez moi.

Donc de 2003 à 2009, j’ai fait mes études de collège et de lycée à Tambacounda jusqu’à l’obtention du BAC qui m’envoie à Dakar, l’univers de l’incertitude et des opportunités.

Chapitre 2 : La maturité par l’expérience

Vous imaginez une villageoise qui n’avait jamais mis les pieds à Dakar, se retrouver à l’université ? c’est juste le désordre total…

Pendant au moins des mois, l’objectif était d’avoir des repères, d’identifier mes centres d’intérêts et surtout éviter de me perdre dans ce monde fou de la nouveauté et de l’ignorance.

Mon premier jour de cours dans l’amphithéâtre de la Faculté de Droit a été pour moi une gifle de « réveilles toi et sois consciente qu’il faut que tu t’adaptes car tu es à Dakar ». Il y’avait plus de 1500 personnes dans la salle pour le même cours, des têtes à perte de vue et juste pas de places pour ceux qui arrivent à 8h et pas à 5h du matin (pour réserver une place). Et bien j’ai tenu ! J’y suis restée 2 ans même si des fois il m’arrivait d’avoir envie d’arrêter.

Ce qui est finalement arrivé car pour des raisons familiales j’ai dû arrêter mes cours à la faculté de Droit pour chercher du travail et soutenir ma famille (une culture sénégalaise pas obligatoire mais nécessaire). Bonjour le monde du travail !

Mon premier boulot, était un travail d’hôtesse. J’ai peut-être laissé une bonne impression car 1 mois plus tard, j’ai été rappelé pour signer un contrat CDD de 20 mois avec Nestlé.

Le second était dans l’immobilier avec la gestion du portefeuille clients où j’ai aussi fait 16 mois. Et je vous avoue que je commençais à m’ennuyer, alors gravement. J’avais besoin d’un signe, de vivre du nouveau, de changer un peu d’activités en faisant des choses plus vivantes.

C’est là que je reçois un appel auquel je m’attendais pas du tout. Qui ça pouvait bien être ?

Chapitre 3: La découverte de MakeSense

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Et bien c’est un appel d’un « fou conscient » du nom Mamba Souarè avec qui j’ai fait mes études à Tamba et qui, après le BAC, est parti en France continuer ses études.

En ces termes, Il me dit «Rakk (mot wolof qui veut dire petite Sœur), je suis à Dakar et j’aimerai qu’on se voit car je suis en mission pour développer l’entreprenariat Social au Sénégal et j’ai besoin de toi pour m’aider à créer une communauté autour ».

C’était le début de mon aventure avec Makesense.

Nous nous sommes vu, il m’a expliqué ce que c’était Makesense et toute suite j’ai adhéré à l’idée et aux valeurs car tout au fond de moi je savais que ça définissait ma personnalité. Les gens me taxent souvent de sociable, ils disent que je suis à l’écoute des autres, et moi je sais que j’aime aider autant que je peux.

Peut-être mon attitude me vient de mon vécu, tout au long de mon parcours où des gens m’ont tendu une main amicale et /ou de soutien et qu’à mon tour, je me devais de le tendre aux autres.

Notre première rencontre était, je me rappelle un « Sense Ataya », format de Makesense (Sense Drink) à la sénégalaise. Et ce fut mon engagement dans l’association en tant que volontaire. J’ai ainsi assisté au premier Hold’Up pour aider un entrepreneur et a demandé ensuite à me faire former sur les techniques d’animation, tant pour les ateliers que la

Mks-Room. C’est comme ça que j’ai pu animer mon premier hold’up et Mks-room et cela s’est multiplié au fil du temps.

J’avais quand même toujours mon travail à côté, mais que j’avais envie de quitter pour un autre qui aurait plus de sens et plus d’impacts sur la société, tel que le promeut Makesense.

Chapitre 4 : La volonté de mieux faire

De mon envie de changement, j’ai démissionné de mon poste de conseillère commerciale car je m’ennuyais à mourir. Compte tenue de mes obligations, je ne pouvais cependant pas me permettre de rester sans travail, il fallait au minimum faire face aux charges fixes. J’ai décidé alors de rejoindre l’initiative de mise en place d’un centre de santé et de remise en forme où j’étais en charge de l’accueil et de l’orientation. Tout allait bien jusqu’à ce que Little sun (entreprise sociale allemande qui propose des solutions adaptées à un prix accessible à tous pour faciliter l’accès de produits solaires de qualité en Afrique) pose ses valises à Dakar.

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Alors c’était exactement ce dont j’avais besoin pour faire une transition en me détachant un peu du système classique (culture du business) et tendre vers un système entrepreneurial qui prône une économie sociale et solidaire(culture vivante).

C’est ainsi que j’ai été embauchée en tant chargée de développement de Little Sun Sénégal. Je voyageais beaucoup à l’intérieur du pays à la rencontre de personnes de cultures différentes et qui appréciaient nos produits pour son impact direct sur leurs vies. Une expérience hyper passionnante et intéressante qui m’a beaucoup renforcé en capacité et m’a permis de consolider mes acquis. Je me sentais bien dans cette entreprise qui, à la fois me permettait d’avoir un profil international (coordination avec Berlin pour les activités) et un apport considérable sur le terrain avec une interaction avec la population locale, les consommateurs.

Mais la vie est faite de défis et ce sont souvent eux qui nous orientent vers nos destinations prochaines. Eh bien Makesense Ouest Africa a besoin de moi en côte d’Ivoire et j’ai dit “Oui”.

Chapitre 5: Première mission en tant que Fulltimer à Makesense

Bonjour Abidjan ! De volontaire à gangster, je vais aujourd’hui rejoindre la communauté en tant que salariée avec comme mission, développer la communauté en côte d’ivoire. Je travaillerai avec Incub’Ivoir, un incubateur local crée par 3 jeunes ivoiriens qui veulent accompagner les entrepreneurs.

Trois semaines après les formalités contractuelles et une première visite à la capitale ivoirienne, me voici à Paris pour un ONBOARDING avec d’autres personnes de différents horizons.

Je me rends compte alors que Makesense n’est pas une association qui se cherche, mais une « énorme école de partage de savoir » basée sur la volonté de chacun de ses membres, à mettre à disposition son expérience et son enthousiasme au service de tous pour un impact positif. C’est énorme !

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J’ai juste hâte de commencer ma mission en côte d’ivoire et d’apporter du positif aux jeunes qui ont envie de faire bouger les choses et qui, grâce à Makesense, seront assez outillés pour y arriver.

Chapitre 6: C’est aussi possible avec et pour les autres !

Quand je fais un petit retour en arrière, je ne peux m’empêcher de me dire « mais finalement c’est possible d’avancer, avec les autres et pour les autres ».

Quand on grandit dans certaines situations pas évidentes, on a tendance à rêver grand et vouloir les réaliser. Et souvent ce désir fait de nous des égoïstes même si c’est involontaire.

Connaître l’association m’a permis aujourd’hui de me rendre compte que c’était possible de réaliser ses rêves tout en s’intéressant aux autres et en ayant un impact positif sur leurs vies. Je suis contente et très fière de faire partie de cette TEAM qui, aujourd’hui à travers son contenu, arrive à faire bouger les choses partout dans le monde.

Ce que j’apprécie le plus, c’est la diversité de cette communauté en interaction, qui est en soi, un apport considérable dans notre vie professionnelle et personnelle. Mais aussi cette capacité de travailler en équipe et de développer des compétences dans différents domaines d’actions. J’ai appris à monter en compétence et de plus en plus, j’ai des objectifs plus clairs sur mes projets futurs qui seront orientés vers l’Afrique et bien sûr, impacteront autant que possible.

Ensemble on peut faire beaucoup de choses. Si chacun dans son domaine s’y met, c’est déjà bien. Mais si on arrive à le faire ensemble c’est encore mieux.

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Pour moi la richesse ne signifie pas juste avoir une aisance financière. C’est la capacité à réaliser ses rêves par des actions qui engagent à la fois nos intérêts personnels mais aussi ceux des autres.

De SenseMaker (volontaire contributeur) à Gangster (Volontaire active), je suis aujourd’hui Fulltimer (Salariée de MakeSense).

Certes je ne suis pas fortunée mais je suis “RICHE” et ça me va très bien.

Suivez moi sur mon aventure en Côte d’Ivoire et découvrez comment joindre le mouvement en Afrique ICI et on se donne “rendez-vous au sommet”.

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makesense est une communauté internationale de citoyens, d’entrepreneurs et d’organisations qui résolvent ensemble les défis sociaux et environnementaux

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